dimanche 29 mars 2026

LES RUES DE SAINT-TROPEZ

 

PER CARRIERO


L’étude de la toponymie d’un lieu est une machine à remonter le temps. La modification des noms de rues rencontre des obstacles formés par une coutume tenace, les habitudes, les complications administratives, la sensibilité conservatrice des élus, qui consolident cette stratification culturelle et politique.

Cadastre "Napoléon" 1808
Cadastre de Saint-Tropez "Napoléon" 1808.
Le nom des rues se généralisent

A Saint-Tropez ces noms dont l’origine est quelquefois oubliée, ou le plus souvent mal comprise, retracent le parcours sinueux, voire contradictoire de la vie de la cité.

Il est assez fascinant d’observer que cette ville symbole de la prodigalité a baptisé de nombreuses rues de noms de personnalités de sensibilité de gauche, voire d’extrême gauche en héritage de la « Provence rouge » de Clémenceau au Docteur Jules Boutin en passant par Auguste Blanqui, Louis Blanc et Jean Jaures.

Saint-Tropez terre d’accueil des vedettes de cinéma, lieu de tournage et d’un musée n’a honoré des artistes qu’en donnant des voies à trois peintres : Paul Signac, Henri Person et Charles Camoin, mais encore jamais à un réalisateur ou un acteur qui ont fait rayonner le nom de la cité, pour son bonheur, et peut être son malheur… Orson Welles, René Clair, Gérard Oury, Jean Pierre Aumont, Charles Vanel …. Brigitte Bardot qui inaugurera peut-être la liste.

Avant la moitié du 19e siècle il n’existait certainement pas de plaques de rues à Saint-Tropez. Les habitants de ce petit village souvent illettrés n’en n’avaient pas vraiment besoin, chacun savait situer ses parents, ses amis, les personnages importants et quand il fallait désigner le lieu on disait en face de… à côté de… On se repérait aussi grâce aux enseignes des boutiques qui marquaient les immeubles. Le service postal n’était pas développé, souvent le tambour de ville se chargeait de distribuer le rare courrier. Jusqu’après la 2e guerre certaines lettres étaient encore libellées « UNTEL A SAINT-TROPEZ » ou « UNTEL SUR LE PORT ».

Lettre sans adresse 1873

C’est la mémoire collective qui désignait les lieux. Le plus souvent les patronymes de résidents qui avaient marqué les esprits par leur personnalité, de leur longévité ou encore pour la reconnaissance d’une famille entière. Par exemple : MOISSAC futures rue et quai Clémenceau et Péri. La rue OLIVIER et MARQUET sera celle du Marché, La rue RAPHAËL sera L’Ormeau,  GUICHARD sera la rue du Four , HERMIEU THOMAS deviendra la Glaye puis Saint Pierre,  la rue GUERIN devient la rue De La Ponche, BROQUIER est cité pour la rue des Commerçants. Devant RIBE est devenu la place Des Remparts.

En 1836 le recensement se faisait par quartiers, dits « sections » il y en avait trois :   la première était « DE LA PLACE » la seconde, « DE LA PONCHE », puis « DE LA BOURGADE ».

A partir de 1837 la municipalité généralise la désignation des rues sous ce qu’on appelle un odonyme soit un nom représentant le lieu géographique par le type d’activité économique qu’on y exerçait par un objet architectural ou urbain remarquable, le siège d’une confrérie, puis une entité politique ou civile.

Depuis  1846 (archives départementale du var) Les noms des rues sont bien fixés dans les vieux quartiers : les rues "DU PUITS DE LA VILLE"- "DE LA GARONNE" (qui deviendra une place) - "DE LA CITADELLE" - "DU PORTALET" - "DE LA TOUR VIEILLE" - "SOUS LA GLAYE"- "DE L’EGLISE"   - "DU PORTAIL NEUF" - "DE LA PONCHE"  - "DE L’AIRE DU CHEMIN" et la place "AUX HERBES". 

Seuls changeront, comme celui la place "DE L’HORLOGE" devenue Place "DE L’HOTEL DE VILLE",  Rue "SAINT ROCH" devenue rue "GAMBETTA", rue "BLANCHE" devenue Rue "SIBILLE", "GRAND’RUE" devenue rue "SUFFREN" puis rue "CEPOUN SANMARTIN", rue "DES QUATRE COINS" devenue  "DES COMMERÇANTS" , rue "DE LA BOURGADE" devenant rue "GENERAL ALLARD". la place "DU CIMETIERE VIEUX" devenant "DE L'ORMEAU".

La plaque "Rue de la Bourgade" en 1853
 (Oustaou de la Bravade)

À chaque recensement apparaissent de nouveaux noms correspondant aux extensions urbaines comme en 1851 :  "LES CHANTIERS", rue "DE LA CORDERIE", rue "DESTISSERANDS", rue "DES CHARRONS", rue "DES LICES".

 

C’est à partir de la deuxième partie du 19e siècle que les noms consacrés par les habitudes ou les écrits administratifs comme les recensements, s’écrivent sur les façades, comme le montre l’illustration de Pierre LETUAIRE lors de la bravade de 1853. 

 


Dès  1866 sont nommés de nouvelles rues comme la Rue de l’ancien Couvent, la rue de la Gendarmerie, rue du Lavoir, place du Puits, Boulevard  DE LA CROIX DE FER et ce qui était désigné par « La Campagne » reçoit des noms que l’on connaît encore aujourd’hui QUARTIERS DU PILON– LA PINEDE ST ANTOINE - LES MARRES - ST CLAUDE -  LE COUVENT – SAINT JAUME  - STE ANNE - VALFERE - BELLE ISNARDE – LES SALINS – LA MOUTTE - ESTAGNET – CANNEBIERS – ST ROCH – LA BOUILLABAISSE…

Lettre du préfet au maire pour la dénomination
du Boulevard Louis Blanc et de la rue Gambetta
(ARCHIVES MUNICIPALES)

Ces différentes sources de noms caractérisent souvent une période de la vie du village, suivant la mode de l’époque, ou les évènements historiques ou tout simplement le choix des décideurs, maires et adjoints, souvent sollicité par des groupes politiques ou associatifs comme le démontre les courriers et délibérations conservés aux archives municipales. 

Mais ce millefeuille de dénominations n’a pas été sans repentis, des rues nommées officiellement  n’ont pas été consacrées par les habitudes, ou par rejet de la population ou par décision contraire d’un nouveau maire. A ce propos un maire de Saint-Tropez répondait à une sollicitation d’une association patriotique qu’il ne souhaitait pas donner le nom d’une personne même célèbre au motif « que les hommes sont rarement parfaits… »


Après les dernières modifications et attributions commémorant les morts de la résistance et de la libération de Saint-Tropez, le changement de noms, sans doute, freiné par les contraintes administratives tant pour la commune que pour les résidents sont moins fréquents.

On signale dans les années 60 sous l’égide de la commission chargée de faire vivre les rues de Saint Tropez à laquelle appartenait Marius Astezan, Miguel Riffaud, et François Coppola.

L'équipe municipale baptisera dans le même temps d'autres ruelles en écho à l'histoire locale : la rue "DU PETIT BAL" en hommage au cabaret "Chez Palmyre", le chemin     "DES VENDANGES", la montée "DES MEUNIERS"  la traverse "DU MARBRIER" et la rue "DE L'AIOLI".

Depuis quelques autres transformations sont intervenues,  comme la rue Suffren devenue la rue "DU CEPOUN  SANMARTIN", boulevard des Carles devenu boulevard "DES ANTIBOULS" en souvenir d’une lignée familiale tropézienne, hormis les créations de voies dans les lotissements, ou les quartiers neufs comme celui de la dalle des Lices portant les noms de danses traditionnelles : puis en 2025 initié par Monsieur Louis MAS, une partie de la rue du Portalet à partir de la place Garezzio est devenue rue "DU CEPOUN MARIUS ASTEZAN".

 LES REPERES NATURELS URBAINS ET ARCHITECTURAUX CIVILS – RELIGIEUX – ET MILITAIRES.

Les rues identifiées par des caractéristiques géographiques, urbaines ou architecturales ou encore des éléments vitaux comme l’eau et l’air sont bien connues des tropéziens font partie des plus anciennes, elles ont gardé leur nom au-delà des vicissitudes de l’histoire souvent dans le vieux village.

LA GEOGRAPHIE LOCALE.

C’est naturellement le quartier de la Ponche qui donne son nom à la rue « DE LA PONCHE » qui y mène, et désigne la pointe de la côte soulignée par les remparts qui se termine par la tour Vieille.

Plan de 1634 illustrant "La Pointe"

A l’opposée de la ville le chemin « DE CAPON » dont le nom, nous dit « Le Trésor du Félibrige », provient d’un cap proche de Saint-Tropez. Bien plus tardivement, vers la chapelle Sainte-Anne est baptisée une route « DE LA COLLINE ».

LES CONSTRUCTIONS CIVILES.

Un plan de 1777 montrant pour la première fois
le percement du rempart rue du Portail Neuf
Les édifices communautaires identifient très souvent la voie ou le quartier dans lesquels ils sont situés. Celle « DU PORTAIL NEUF » en souvenir du percement du rempart.
La rues « DU FOUR » a gardé son nom d’origine  « , mais quelques changements sont à noter comme la place de « L’HOTEL DE VILLE » qui a reçu les noms successifs « DE L’HORLOGE », « DE LA PAROISSE » et qui s’appelait simplement avant 1800 tout simplement « LA PLACE ». La rue « DE L’HORLOGE » située dans l’axe du beffroi qui à l’époque indiquait l’heure à la ville est devenue la rue du « COMMANDANT GUICHARD » en 1891. 
L'avancée E (tour de l'Annonciade)
F (corps de garde) G (chapelle St Elme)
H (magasin de foin)
J (chapelle de l'Annonciade


On note encore quelques changements à travers les siècles :

La « GRAND RUE » est devenue successivement la rue "SUFFREN" et de nos jours la rue « DU CEPOUN SANMARTIN ».

« L’AVANCEE » désignant à l’époque des chantiers navals la pointe terminée par la tour Sainte Elme appelée aussi tour de l'Annonciade depuis aménagée en quais ont pris le nom de « D’HIPPOLYTE BOUCHARD » et « DE L’EPI ».

Un croisement d’artères qualifie la rue très passante des « QUATRE COINS » qui est devenue la rue « DES COMMERCANTS ».  

Le faubourg de Saint-Tropez désigné sous le nom de bourgade avait naturellement sa « RUE DE LA BOURGADE » devenue ensuite « RUE DU GENERAL ALLARD ».

D’autres ont conservé leur sens mais ont subit des modifications involontaires suite à une traduction hasardeuse comme la rue « DE l’AIRE DU CHEMIN » surplombant la vieille ville est une déformation de la rue de L'AIRE DU COMMUN désignant un terrain communautaire où chacun pouvait battre leur blé avant d’emmener les grains aux moulins situés au 16e siècle sur la colline où se trouve aujourd’hui la citadelle et plus tard un peu plus loin dans le quartier qui a conservé le nom avec la montée et la rue « DES MOULINS ».

La rue « DE LA RAMPE » signale un dispositif urbain semble-t-il mais encore mal identifié, longeant la plage de la Ponche il peut s’agir d’une cale ou d’un franchissement d’un des dénivelés nombreux dans le quartier.

Les constructions plus banales ont servi pour dénommer des voies tropéziennes le chemin « DES BASTIDETTES" qui relie Sainte-Anne à la route des Plages et l’impasse « DU MAZET » ou petit mas situé en bordure des immeuble Kaufmann et Broad.

Une place « DU MUSEE » apparaît dans la liste officielle des voies mais pour l’instant n’est pas localisée.

LES EDIFICES DU CULTE.

L'église paroissiale vers 1550
La rue de l'église était dans l'axe de l'édifice.
La rue « SOUS LA GLAYE » rappelant la toute première église paroissiale. 

La rue « DE L’EGLISE » a gardé le nom qu’elle a reçu lors de son achèvement en 1519,  il est à noter qu’à cette époque cette rue débouchait dans l’axe de la grande porte de l’église, c’est au XVIIIe siècle que l’axe de la nouvelle église, plus imposante, a été décalé vers la gauche nécessitant la démolition partielle des immeubles bordant la rue Saint Tropez.   

La place « DE LA CROIX DE FER » était tout d’abord la rue qui menait de l’entrée de Saint-Tropez aux Lices. Cette croix érigée lors du jubilé accordé par la Pape Léon XII au prédicateur Sigogne prêtre réfractaire réfugié au Canada accordé par le pape Léon XII équivalent à une indulgence plénière solennelle et générale, en certains temps et à certaines occasions, aux fidèles pour une année, dite année sainte, moyennant certaines pratiques de dévotion.

D'autres  édifices et symboles religieux catholiques sont signalés par la rue de « LA MISERICORDE », la rue « DU CLOCHER », la rue de « L’ANNONCIADE », Bien évidemment la route « DE SAINTE-ANNE ». Non loin de là l’Impasse « DES LORETTES » relie la rue François Pelletier à la résidence des Capucins, La   « Sainte Maison de Lorette » en Italie est un lieu de pèlerinage très connu, lié à la Vierge Marie cette voie longe le terrain où se situait la chapelle Notre-Dame de Lorette.

Le « COUVENT » ce simple nom désigne une impasse privée située entre la maison de retraite des platanes et l’ancienne cave coopérative.


Une androne « DE L’ORATOIRE » ruelle dont le nom mentionne une niche en forme de poivrière, grillagée et réalisée en pierre de serpentine située à l’angle de cette ruelle et la rue Sibille.

La rue « DU TEMPLE », désigne la voie où se situe l'édifice protestant qui à l'origine était la chapelle Saint-Eloi. (voir le plan dans la rubrique "Saints Catholiques".

LES CONSTRUCTIONS DE DEFENSES.

Les édifices militaires sont à l’honneur avec la rue « DU PORTALET » menant à la tour de défense du même nom qui n’a rien à voir avec le port ou petit port mais plutôt un diminutif de « portal » désignant en provençal gallicisé le portail ou petite porte, qui permettait la sortie de l’enceinte vers le nord. 

Plan de 1751 avec le nom de la voie
montant à la citadelle.
Plusieurs rues relèvent également du domaine militaires.  « DES REMPARTS » « DE LA CITADELLE » pourtant décriée si souvent par les tropéziens dans l'histoire,  a non seulement la rue mais aussi une montée « DE LA CITADELLE ». Cette montée était à l'inverse désignée sur un plan de 1751 Chemin "DE LA VILLE".





La rue « DE LA TOUR VIEILLE » mène à cette tour, comme la rue « JARLIER » mène à la tour du même nom tiré dit-on d’une destination très pragmatique de remise des récoltes stockées dans des jarres, cette affirmation restant à vérifier. 

« LES LICES » qui ne désignaient pas ici l’enceinte entourée de palissades où l’on joutait mais par extension le terme militaire qui désignait un espace libre entre deux fortifications, c’est bien le cas à Saint-Tropez quand on examine les levées de terre protégeant la ville. 

Vue perspective de Blondel de 1647
montrant le bastion et la porte de l'entrée de ville.
Ce nom ne désigne plus la rue qui est devenue boulevard « LOUIS BLANC » après s’être appelée rue « DE LA CROIX DE FER » mais l’ensemble des deux places qui ont été dédiée au XVe Corps et CARNOT ce nom sans prénom peut désigner le père, Lazare militaire et ingénieur célébré pour ses succès lors de la révolution et son fils scientifique et président de la république.  « LES LICES » devenant un ensemble de places et d’artères, jusqu’à la petite rue « GRENOUILLERE » qui de façon imagée peut désigner la fortification bastionnée dans ce lieu dont les orillons forment l'arrière train de batracien dont il existe encore un vestige entre la rue Quaranta et le boulevard Louis Blanc. 

La place « DU REVELIN » qui désigne une construction flanquant les remparts formant une porte en chicane.  Or cette place est souvent mentionnée par une dénomination baladeuse « PLACE CAVAILLON » sans doute en fonction de la proximité de la rue du même nom dont le "Trésor du Félibrige" nous  donne l'origine plausible du mot provençal CAVAIOUN comme une vigne en échalas, il y avait peut-être à cet endroit  une treille ou ramade remarquable. D'autres étymologies sont données comme un grand cheval et une levée de terre entre deux sillons qui sont assez peu probables.

Il fallait bien honorer la région a qui Saint-Tropez et sans laquelle elle  a ne serait pas ce qu’elle est, cela a été fait avec l’avenue « DE PROVENCE » située proche du quartier Saint-Roch.

HOMMAGE AUX ELEMENTS : L’AIR – L’EAU.

Très jolie huile sur toile signée Maurice La Bany
représentant la pompe de l'ancien puits communal
Les allusions à l’eau sauvage ou domestiquée reviennent très souvent : la rue du « PUITS DE LA VILLE » sans doute par opposition à la rue du « PUITS » dans le vieux village est devenue rue "SAINT ROCH" puis en 1887 « GAMBETTA » (voir ci dessus) Plus récemment une rue « DU VIEUX PUITS » est apparue dans le quartier du stade. 

Vers la ponche la rue de la  « FONTANETTE » et sa voisine du « FOND PERDU » dont le nom vient certainement d’une source égarée sur les flancs de la citadelle, et qui aimerait retrouver l’orthographe de « FONT » qui veut dire en provençal petite source ou résurgence. 

La rue « DU LAVOIR » a été rebaptisée « JOSEPH QUARANTA » en 1945. 

La rue « DE LA FONTAINE » consacrant la très belle et imposante fontaine des Lices implantée dans son axe, est devenue la rue « CLEMENCEAU ». Non loin de là la rue de la GARONNE nommant très souvent un lit de rivière à Saint-Tropez ce nom était réservé à une langue de mer remontant sur le rivage lors du mauvais temps et s’évacuant lentement. Plus récemment un chemin a été baptisé « LA FONTAINE DU PIN ».

Avec la route « DES PLAGES » et le chemin « DE LA PLAGE » Saint-Tropez ne pouvait pas oublier les plages dont l’eau est la principale attraction.

Mais l’eau n’est pas toujours courante, elle stagne aussi au chemin « DE L’ESTAGNET » "Le trésor du Félibrige" traduit le provençal « estagnar » en « croupir », ce qui a donné en bon français « étang ».

Très récemment on rebaptisa l’ancienne « ROUTE DE RAMATUELLE » en « ROUTE DES PLAGES ». On n’oubliera pas le chemin de « BONNE SOURCE » prenant sa source sur le boulevard Des Antiboul.

Cette ville de marins a souhaité rendre hommage à l’élément météorologique qui leur permettaient de se mouvoir en baptisant une rue « DES 4 VENTS » qui n’a jamais changé de nom mais a été déclinée en « impasse » et « traverse ».

Une Allée « DE LA TRAMONTANE » et l’Avenue « Du PONANT » complètent la série des vents  l’impasse du « RUISSEAU » et l’avenue « De la MAR » complètent celle de l’eau, ce sont voies baptisée suite à la création des nouveaux quartiers de la Bouillabaisse et des Salins.

Les éléments influent sur les saisons Saint-Tropez le rappelle en nommant une allée « BELLES SAISONS » qui est une traverse de la route des Carles.

LA GASTRONOMIE.

Le baptême d’une voie périphérique bordant le glacis de la citadelle entre la rue du Petit Bal et la rue Des 4 Vents la rue « DE L’AIOLI », en mémoire d’un hôtel qui se trouvait à cette adresse portant le même nom créé par Philippe TALLIEN ou descendait Orson Wells, Greta Garbo, Rita Hayworth, Louis de Funès... A noté le quartier « DE LA BOUILLABAISSE » rappelle le plat emblématique provençal, dont l’attribution à la plage du même nom est assez mystérieuse mais pourrait provenir d’un restaurant à cette enseigne. 


L'ancienne usine de câbles sur la route des Salins
fondée par Alexandre Grammont en 1892



Le restaurant des ouvriers de l’usine de câble sous-marins d’Alexandre GRAMMONT a donné le nom à deux traverses de la route des salins qui sont devenues impasses « DE LA CANTINE ».







HONNEUR AUX VEGETAUX ET AUX ANIMAUX.

La Place Aux Herbes en 1900 
Edition Briolat
Les plantes et les récoltes aussi sont honorées :   Inchangée depuis des lustres la place « AUX HERBES est depuis très longtemps le lieu d’un marché, également depuis 1837  la rue  « DE LA TREILLE », contrairement à la place « DU MURIER » qui est devenue Henri Person» la place «DE L’ORMEAU » était sur le cadastre Napoléon place du Cimetière Vieux.  

Plus tard, lors de la création de nouveaux quartiers les végétaux ont été à l'honneur avec les rues, chemins et allées des "  JASMINS", "FIGUIERS", "ACACIAS", "AMANDIERS", "ORANGERS" , "CLEMENTINES", "MIMOSAS", "LAURIERS", "LILAS", "PALMIERS", "ROSES", "MARRONNIERS", "OLIVIER et   "TAMARIS". 

Le pin à la part belle à Saint-Tropez avec le quartier « DU PINET » son chemin, l’allée « DES PINS », l’avenue « DES PINS PARASOLS », l’avenue « DE LA PINEDE ».

La plage « DES GRANIERS » pourrait-être classée dans cette catégorie, ce terme qui désigne le grenier en provençal ce qui est assez improbable dans un tel lieu a un homonyme qui désigne le chiendent en particulier celui qui sert à fabriquer les balais.

Les Armouriers:

Vue panoramique de Saint-Tropez vers 1860 par l'architecte Charles VASSEROT depuis sa maison de campagne
située à l'emplacement actuel du Latitude 43. Au premier plan le double alignement des "armouriers". Au deuxième plan
l'église paroissiale qui n'a pas encore reçu son emblématique clocheton. (ARCHIVES MUNICIPALES)

Une voie bien connue du contribuable tropézien est  le chemin « DES AMOUREUX », ce romantique nom est en fait la conséquence d'une faute de traduction du provençal puisqu'en réalité il se voulait désigner les "armouriers" sortes de mûriers utilisés pour l'élevage des vers à soie. 

Vue aérienne édifiante de 1634. La position des moulins tend à atténuer 
graphiquement les revendications des tropéziens contre l'édification
de la citadelle installée à leur place et les éloignant significativement.
L’allée « DES CANOUBIERS » désignée ainsi dans la liste officielle est  proche de la plage du même nom provient des cannes sauvages se trouvant à profusion dans le quartier, orthographiée le plus souvent Canebiers ou chemin du Canebier comme indiqué sur une carte de 1745.  La toponymie du  lieu ayant évoluée elle est  signalée en 1634 Port des « Canenies ».


La traverse « DES CONQUETTES » peut rejoindre cette catégorie: qui fait certainement allusions aux mollusques appelés conques dont on faisait des instruments de musiques. Ce nom reste une appellation assez curieuse pour un quartier entier. La rue « DES CONQUETTES » ayant été remplacée par l’avenue Paul Roussel.

On note aussi un chemin « DES TOURTERELLES » et que la rue "GRENOUILLERE" plutôt que de nommer un élément de fortification désignerait un rassemblement de batraciens dans le ruisseau des Lices tout proche. Il existe des rues De La Grenouillère à Colmar et à Chartres, mais  libellées avec  l'article contracté  "DE LA" contrairement à celle de Saint-Tropez.

VENERATION DES SAINTS CATHOLIQUES.

La population tropézienne ne s’est évidemment pas exonérée d’honorer les saints protecteurs de leur ville, leur quartier, ou leur corporation. Ces noms sont aussi très anciens et concernent les plus vieux quartiers. 

On y trouve, encore aujourd’hui l'impasse « SAINT PAUL » rue « SAINT JEAN » , et sa parallèle rue « DU PETIT SAINT-JEAN » désignant saint Jean Baptiste. Les  rues « SAINT PIERRE » « SAINTE ANNE » « RUE SAINTE BARBE » patronne des canonniers avant d’être celle des pompiers. 

A tout honneur : la rue « SAINT TROPEZ » était désignée avant 1837 « SICOLLE » et la rue « SAINT ESPRIT » était tout simplement « ALLARD » c’est en effet la rue où se trouve la maison familiale des ALLARD, et la maison de naissance de Jean-François. 

La seule rue de « saint » qui ait été débaptisée est la rue « SAINT ROCH » puisque menant à la chapelle du même nom située au croisement de la rue Du Temple  et de l’avenue Maréchal Joffre,  démolie dans les années 50.

Plus à l’écart, le chemin « SAINT ANTOINE » relie la route de Sainte Anne à la route des Plages, plus haut sur le nom Pécoulet l’impasse « SAINT JOSEPH » longe la chapelle privée  du même nom on trouve dans le même quartier le chemin « SAINTE MARGUERITE », impasse « NOTRE-DAME » encore plus loin vers les Salins, le chemin « SAINT JAUME ».



CELEBRATION DES METIERS.

Deux vagues d’identification de voies ont utilisé les noms de métiers et corporations.  

La rue des Argentiers apparaît encore sur un plan
du milieu du 19e au revers des remparts, bien que
déjà disparue, certainement, à cette époque.
La première comprend les rues  « SALAISON » « DES PECHEURS »,  « BERGERE » nommée ainsi à cause des bergeries pour les moutons qui paissaient sur les pentes de la citadelle dépourvues d’arbre à l’époque, rues « DES CHARRONS » « DES TISSERANDS » et « DES BOUCHONNIERS » qui ne désignaient pas forcément des fabricants de bouchons mais aussi les intermédiaires chargés de l’avitaillement des navires, pourtant une bouchonnerie était bien présente à Saint-Tropez sur le terrain de l’actuel hôtel Byblos jusque dans les années 50.  Seule la rue « DES ARGENTIERS » petite voie au revers des remparts de l’ouest a disparu non seulement de nom mais également d’emprise, phagocytée par les maisons bordant la rue des Remparts dont les propriétaires ont été autorisé à bâtir jusqu’à l’ancien mur de défense dès lors qu’il était devenu inutile, pratiquement, quand vous allez vous offrir un dessert chez le célèbre crêpier "Gourmandise" anciennement " Grand Marnier" rue des Remparts, les cuisiniers officient dans cette ancienne ruelle. 

L’autre datant de 1971 sous l’égide de Marius ASTEZAN alors maire. ce sont les rues   La deuxième vague correspond à une forte croissance de l’urbanisation des années 1970 et rendait indispensable de nommer des voies jusque-là très peu fréquentées et qui n’étaient pas identifiées on aura donc les traverses « DU TONNELIER » – « DU MARBRIER » – « DE LA GENDARMERIE » – « DU LANGOUSTIER », la rue « DE LA POSTE » perpendiculaire à la rue « ALLARD » remplace la rue « DE LA GARE » mais le ferroviaire n’est pas oublié parce qu’on trouve la traverse « DU PETIT TRAIN ». L’agriculture est consacrée dans le quartier de la Belle Isnarde et des Salins la montée des  « MEUNIERS » en souvenir des anciens moulins, et le chemin « DES VENDANGES. La vie festive et de villégiature tropézienne sera célébrée en empruntant la rue « DU PETIT BAL » rappelle qu’à cet endroit a vécu le célèbre cabaret « Chez Palmyre ».

La route « DES SALINS » menait au site qui tire son appellation d’une période où la zone humide était aménagée en petit salin. Malheureusement, le climat de la presqu’île de Saint-Tropez (doux et humide) couplé au caractère dulçaquicole de la zone, ont eu raison de cette activité et elle a cessé au début du siècle dernier, il en reste la plage dont l’eau et le sable ne sont pas plus salés qu’ailleurs.

Le chemin et l’impasse « DES VANADES » se situe entre le chemin de Capon et la route des Salins, ce nom  n’a certainement rien à voir avec la vannerie mais désigne plutôt des enclos à brebis, le lieu s’y prête d’ailleurs.

La zone artisanale s’est rappelé certains métiers exercés  à Saint-Tropez pour leur donner deux traverses « DES CHARPENTIERS » et « DES ETAMEURS ».

LES DANSES.

Ces voies sont apparues récemment lors de la réalisation des immeubles de la dalle des Lices par Kaufman & Broad ensemble architectural dont les tracé des voies sont d’inspiration médiévale et empruntent le nom de danses traditionnelles : passage « DU RIGAUDON », traverse  « DE LA MATELOTE », traverse « DE LA VOLTE » , allée « DES CORDELLES », rue « DU QUADRILLE », Allée « DE MAZURKA ».

LES PERSONALITES LOCALES.

Bien après les noms de famille tropézienne pour désigner les noms des voies où elles habitaient tels MOISSAC, RIBE, THOMAS, GUERIN, les personnalités locales ont patiemment attendus l’année 1885 pour voir assigner le nom du « GENERAL ALLARD » à la rue de La  BOURGADE  et  SUFFREN à la  GRAND RUE  qui deviendra par la suite « CEPOUN SANMARTIN ». 

En 1891 des hommages ont été rendus aux commandants « SIBILLE » et « GUICHARD » ce dernier mort durant la bataille de Trafalgar, nommant respectivement les anciennes rues BLANCHE et DE L’HORLOGE. 

Demeure de Charles VASSEROT construite en 1851.
(ARCHIVES MUNICIPALES)
En 1896 désignation de la rue et du boulevard « VASSEROT » architecte, mécène, concepteur du lavoir du même nom sur les Lices. Les frères VASSEROT avaient leur propriété bâtie d’une spectaculaire maison à l’emplacement de l’actuel LATITUDE 43 qu'il désignait comme " Maison de campagne"



Au cours du siècle dernier sont apparu des personnalités fondatrices :  la montée « HONORAT COSTE » 1er capitaine de Ville officiel, et la Place « RAPHAEL GAREZZIO » rappelant le fondateur de la ville, qui se nommait auparavant la place DU PUITS. 

Dernièrement pour le souvenir d’une lignée d’illustres tropéziens depuis la révolution le « BOULEVARD DES ANTIBOULS » longeant la maison de retraite des platanes et l’école Sainte Anne. 

Le quai « Hippolyte BOUCHARD » (1780-1843) désigne un téméraire  "Garibaldi"  tropézien oublié un temps par les tropéziens jusqu’à ce qu'en 1937 les citoyens argentins  leur rappellent qu'il est une gloire nationale dans leur pays et que son nom a été donné au navire amiral de la marine argentine.

Jean Réveille (1859 - 1931) 
photo Le Temps retrouvé JD De Germond
Le môle « JEAN REVEILLE » honore un enfant du pays, mathématicien, professeur à l’école d’hydrographie de Saint-Tropez formant de nombreux capitaine aux long cours.

 

A la demande de tropéziens fervents, un tronçon de rue « DU PORTALET » a été dédiée au « CEPOUN MARIUS ASTEZAN » élu maire en 1971 lui-même au cours de son mandat ayant baptisé de nombreuses voies en particulier celle du « DOCTEUR BOUTIN » reprenant l’ancienne rue « DES LICES » .Le bon docteur Boutin  (1837 – 1937)  prénommé Jules est un tropézien d’adoption militant communiste ancien conseiller municipal qui eut une part active dans le syndicalisme et la politique locale. 

Avant que Saint-Tropez donne le nom de ses voies aux martyrs de la libération, une place a été dédiée à un de ses enfants mort pour ses convictions. Il s’agit de la place « ALPHONSE CELLI » né à Saint-Tropez le 9 octobre 1908, Celli, ajusteur à l'usine de torpille, devint membre du bureau de l’Union locale CGTU de Saint-Tropez le 2 janvier 1933. Il s'engagea le 18 janvier 1937 comme volontaire dans les Brigades internationales en Espagne et mourut au combat, le 11 février suivant, sur le front du Jarama, le jour même de son baptême du feu.

Non loin de là, l’esplanade du musée de l’Annonciade a été nommée place « GEORGES GRAMMONT » fils et héritier d’Alexandre créateur de l’usine des câbles des CANEBIERS il est l'initiateur de ce temple de l'impressionnisme:  En 1950, la  chapelle Notre Dame de l'Annonciade est mise par la commune à la disposition de Georges Grammont qui l'a fait transformer à ses frais pour y présenter sa collection, il offre sa collection à la ville et le musée est inauguré en 1955.

Marcel Aubour et son père revenant avec la coupe de France
(Photo PHILIPPE LE TELLIER) 
Une personnalité tropézienne de réputation nationale de son vivant a eu son nom associé au stade « MARCEL AUBOUR » gardien de but de classe internationale vainqueur de la coupe de France 1960 avec l’OL. Né à Saint-Tropez en 1940 d’une famille nombreuse, (9 sœurs) son père, propriétaire de l’Hôtel de Paris, avait été rugbyman et boxeur avant de prendre les destinées de l’équipe de football de Saint-Tropez.



Encore plus récemment, à la création de la zone artisanale une voie a été baptisée chemin « DE BESTAGNE » du nom d’une famille tropézienne qui a donné des consuls et de nombreux capitaines de ville de 1573 à 1722.

Etonnamment un seul maire a été honoré en tant que tel par une Avenue « BERNARD BLUA » située dans la zone artisanale route des Plages qu’il a initié.  Marius Astezan, un autre ancien maire a sa rue depuis peu,  mais pour sa fonction de « Cépoun » de la bravade.

On peut ajouter à cette énumération la mystérieuse et belle tropézienne dite « LA BELLE ISNARDE » dont Gabrielle Sentis dans son livre « SAINT-TROPEZ Cité Corsaire » fait témoigner Mesdames Turins et Prévost qui connaissait son histoire, ou sa légende remontant au 16e siècle où les noms des filles et épouses à la mode russe étaient féminisés, on trouvait à cette époque des Augières, Martine, Costesse, dans les registres paroissiaux, on en déduit que cette Isnarde était la fille d’un Isnard, célébrée pour sa beauté mais aussi pour l’aventure peu commune qu’elle a vécu, en plaquant sa famille pour suivre un jeune second capitaine de marine marchande. Comme souvent dans ce cas, la fugue ne dura pas, et la belle fut débarquée aux Canaries. Elle en revint, paraît-il avec quelques enfants.

LES PERSONNALITES ET ENTITES NATIONALES PERSONNALITES POLITIQUES MILITAIRES ET SPORTIVES.

Hormis Suffren, Vauban qui a eu sa « montée » devenue rue Guy Ringrave ainsi que Charles Duc d’Aumale (1723 – 1798) Directeur des fortifications de Provence il dirigea les fortifications de la ville et de la citadelle dont on a décerné un boulevard et une rue depuis 1846 à la place d’une voie dénommée TEISSEIRE. Ne pas confondre cet aristocrate avec le Duc D’Aumale fils du roi Louis Philippe et gouverneur de l’Algérie. C’est assez tardivement que les personnalité politiques ou militaires prirent place dans le panthéon des rues de Saint-Tropez : La rue « GAMBETTA » remplace la rue du Puits de la Ville  On compte Bien évidemment les vainqueurs de la guerre de 14, avec l’avenue « MARECHAL FOCH » et à la place de la rue de le Fontaine de la Ville la rue « CLEMENCEAU » sur la promesse faite par le maire Joseph Bernard lors de la visite du père la victoire le 1er et 3 janvier 1920, où il a inauguré l’école Louis Blanc. La place « DU XVe CORPS » souvent honorée par des places en Provence suite à la médisance de l’état-major et des journalistes l’ayant accusé de lâcheté tout simplement parce qu’il était composé de gens du sud. Cette place du XVe corps a failli devenir la place Charles De Gaulle, par délibération du 25 septembre 1944 restée sans suite. L’avenue « DU 11 NOVEMBRE 1918 » clôture la période de la Grande Guerre.

Louis Auguste Blanqui
(1805-1881)
Les personnalités politiques souvent de gauche ont leur heure de gloire à Saint-Tropez  tel que Roger Salengro dont le nom a été donné à la rue des Conquettes mais retiré pour devenir la rue Paul Roussel.  Restera le boulevard « LOUIS BLANC » journaliste, député d’extrême en 1871, il est considéré comme un des initiateurs du communisme. Le quai « JEAN JAURES » député socialiste, la place « LOUIS AUGUSTE BLANQUI", celui-ci, né en 1805 à PUGET THENIERS (AM) fils d’un député girondin ancien préfet, Auguste surnommé « l’Enfermé » auteur de la formule « NI DIEU NI MAITRE» est un insurgé anarchiste et révolutionnaire permanent, blessé, condamné à mort, gracié, puis recondamné à mort lors de la répression de la commune sous Adolphe Thiers, réemprisonné notamment au château d’If. Lors de son procès proclame lui aussi : « Je représente la République… » après une vie bien remplie digne d’un roman il meurt le 1er janvier 1881 et est enterré au cimetière du Père Lachaise.  

Amiral Emile Guépratte
(1859-1939)
Les grands marins n’ont pas été oubliés, Pierre André de SUFFREN pour son ancienne rue devenue rue « CEPOUN LOUIS MARIUS SANMARTIN » et aujourd’hui son quai qualifié d’honneur supportant sa statue, mais aussi l’Amiral GUEPRATTE a son quai du nouveau port, ce marin normand , commandant l’escadre française aux Dardanelles en 1916 sur le destroyer Suffren. La distinction de ce grand marin à Saint-Tropez n’est pas évidente, mais a le mérite de rappeler un épisode douloureux mais néanmoins glorieux de la marine française.


Deux écrivains sont honorés en donnant leur nom au quai « FREDERIC MISTRAL » dernier tronçon des quais avant le môle, Mistral créateur du félibrige poète, a eu de nombreux apôtres qui ont maintenu et quelquefois fait renaître la culture provençale à Saint-Tropez en particulier Clamont et Tuby tous deux capitaines de ville, une plaque en son honneur a été apposée sur le pignon de la maison du Cépoun Sanmartin donnant sur le quai portant son nom, de façon curieuse Frédéric Mistral a aussi une rue qui relie la rue « PAUL SIGNAC » et l’avenue « FOCH ». Le second écrivain est son jeune contemporain poète et dramaturge empreint aussi de culture provençale qui a dans son célèbre Maurin des Maures décrit une bravade romancée et quelque peu iconoclaste pour les tropéziens, la rue « JEAN AICARD » se situe entre la rue Allard et la rue Quaranta.

Bien qu’assez peu nombreux, les artistes n’ont pas été oubliés, pour baptiser des voies, nous l’avons vu pour Paul SIGNAC, premier peintre de Saint-Tropez mais aussi par une avenue « CHARLES CAMOIN » qui relie l’avenue de son confrère Signac au chemin des Graniers. Enfin l’ancienne place du Mûrier a été débaptisée pour donner son nom à « HENRI PERSON ».

Les héros nationaux à reconnaissance internationale ont bien entendu eu leur place avec L’avenue « PIERRE DE COUBERTIN » la « RUE MERMOZ » et l’avenue « ANTOINE DE SAINT EXUPERY ».

MARTYRS ET HEROS DE LA LIBERATION.

En réponse au débarquement des alliés en Afrique du Nord les allemands envahissent la zone libre et donc la Provence, et Saint-Tropez le 10 septembre 1943 dès lors la résistance s’organise à Saint-Tropez, Le maire René Girard en est un des cadres, mais c’est un toulonnais fusillé au Mont Valérien en 1941 qui donne son nom au quai « GABRIEL PERI », puis un engagé dans les Forces Navales Françaises Libre a qui on donne le nom de la rue « JOSEPH QUARANTA » tué en 1942. Les allemands s’installent à Saint-Tropez le 10 septembre 1943, leur première victime donne son nom à la rue « ETIENNE BERNY » reliant la rue Allard à la place des Lices, abattu par une sentinelle sur le quai de l’Epi alors qu’il rejoignait son bateau sans enfreindre les interdictions touchant le port. 

 

Casque de la 3e DI retrouvé à la Croix-Valmer
(Collection particulière)
Saint-Tropez nomme le rond-point « 3e DIVISION D’INFANTERIE AMERICAINE » qui débarquera sur les plages de Pampelonne le 15 août 1944 à l’entrée de la ville, dès Iors la résistance entre en action qui provoque des victimes dans leur rangs, la montée « GUY RINGRAVE » capitaine en mission spéciale tombe à l’assaut de la citadelle, où sera sa rue anciennement montée Vauban, puis Le boulevard « PAUL ROUSSEL » renomme le chemin des Conquettes, commémore ce résistant tombé à la Bouillabaisse.  Le souvenir des opposants politique morts dans les camps de concentration est entretenu par les rues « HENRI SEILLON » anciennement rue Courbière, la rue « AUGUSTIN GRANGEON », la rue « VICTORIN LAUGIER ».  Ou encore les membres des Forces Françaises Libres, ou de l’Intérieur par l’avenue « FRANCOIS PELLETIER », ce, tropézien envoyé par Londres pour organiser la résistance est arrêté à Saint-Tropez est fusillé à Signes le 12 août 1944, la rue « FRANCOIS SIBILLI » tué pour la libération de Castellane enfin une ruelle « MAURICE OTOU » ce dernier résistant très actif a été honoré qu’après son décès en 1984. Une importante personnalité de la résistance et du sport tropézienne a donné le nom de « JEAN DESPAS » à la salle qui est le cœur des évènements culturels, et politique tropézien.

Jean Despas à droite, rencontre les soldats
Américains sur la plage de Pampelonne
(NATIONAL ARCHIVES USA)

Saint-Tropez a non seulement honoré ses enfants martyrs mais les personnalité et évènements liés à la France libre par le square « JEAN MOULIN » l’avenue « GENERAL DE GAULLE » qui devait, selon une délibération du conseil municipal de septembre 1944 donner son nom à la place du XVe CORPS. D’autres hautes personnalités ont été honorée par l’avenue « GENERAL LECLERC » qui est la première voie nommée après la route départementale 98 A elle-même anciennement route de Cannes, qui aboutit au square « DELATTRE DE TASSIGNY » sur la place de la Croix de Fer.  
Le nom de l’Amiral MOULEC, compagnon de la libération a été a été proposé par le « Comité d’Entente des Associations Patriotiques » pour désigné un quai du nouveau port, cela a été refusé par le maire Bernard Blua qui lui a préféré le nom d'Emile Guépratte.

La date importante de la fin de cette guerre est rappelée par l’avenue « DU 8 MAI 1945 » dans la continuation de l’avenue du Général De Gaulle. Enfin la rue « DE LA RESISTANCE » consacre l’action des français et des tropéziens lors de cette période troublée.


LES PASSAGES.

Au début du boom immobilier de Saint-Tropez ont eu lieu des opérations immobilières en ville ayant pour but d’augmenter les surfaces commerciales, le « PASSAGE DU PORT » relie le quai Suffren à la place de la Garonne, à partir de l’entrée du garage automobile du Port, devenu parc de stationnement de l’hôtel Sube tenu par Monsieur Georges PERRIARD, puis le  « GRAND PASSAGE » menant de la rue Allard à la rue Georges Clémenceau, à partir de celle-ci on peut emprunter la « TRAVERSE DE LA GARONNE » le dernier passage prend naissance sur cette place pour conduire par une escalier à la rue Gambetta c’est le             « PASSAGE RIVA » nom qui n’a rien à voir avec les canots de luxe mais avec Monsieur Paul RIVA, un des premiers agent immobilier de Saint-Tropez qui avait son agence au 1er étage de l’actuel 27 quai Suffren au-dessus du Café de Paris.

LES ENIGMES.

Plan d'alignement de 1863 la rue Gambetta s'appelle 
rue de la "Tête Noire".
Des anciens noms de rues restent énigmatiques il s’agit de ceux qui désignaient  des couleurs :  La signification de la rue « BLANCHE » nouvellement rue SIBILLE  est inconnue, les rues avec ce nom sont rares, le nom de celle de Paris, qui aboutit place Blanche proviendrait des traces des charrois de plâtre (de Paris) qui passait par là en provenance des carrières de Montmartre, ce qui ne correspond pas au cas de Saint Tropez, une autre signification serait la présence d’une croix blanche ou d’un cabaret à ce nom, l’usage aurait supprimer croix pour ne conserver que « Blanche ». Une tentative de contraste figure sur un plan officiel datant de 1863 se voulant « d’alignement » fait mention d’une « RUE DE LA TETE NOIRE » . De mémoire de tropézien ce toponyme n’a jamais été utilisé, mais il n’est pas étonnant de rencontrer ce nom dans le pays des « MAURES ».  Une autre vieille dénomination pour la rue « COURBIERE » à l’emplacement de la rue Seillon n’a pas non plus de signification hormis de désigner une famille.

D’autres noms de voies ou de quartier ne dévoilent pas leur origine de façon évidente, il s’agit des quartiers et voies nommés  « LA MOUTTE » « LA PIERRE PLANTEE » - « VALFERE » « PIERREDON » « L’AY » « BARON DES CARLES », « LES BANIERS » « SERPENTINE » « LA LAGARDE » « CRISTOL » Enfin une impasse « JEAN BAPTISTE GALLAND » porte le nom d’un parfait inconnu, puisqu’il apparaît peu probable qu’il s’agisse du PDG d’ENEDIS.

Il y a une importante rue « SAINT-TROPEZ » à Vannes, siège du Conseil Départemental du Morbihan. Cette rue a reçu ce nom après avoir été rue de la Confiance à la révolution et rue Saint-Gildas-de-Rhuys. L’explication de cette dénomination reste inconnue, mais le fait qu’il ait existé une auberge de la TETE NOIRE a proximité peut laisser penser qu’un marin tropézien exilé en bretagne en est à l’origine. La recherche est lancée.

Succession de numéros sur un immeuble de la rue Allard.
Preuve que le "mieux" et quelque fois l'ennemi du "bien.


 On ne peut parler des noms de voies sans évoquer la numérotation des maisons qui les bordent. Les révolutionnaires en ont pris l'initiative de façon maladroite, portant plus de confusion que de clarté. En 1805 un décret de l'empereur rend obligatoire la numérotation des rues à Paris avec le système encore actuel de nos jours. Mais c'est qu'au milieu du 19e siècle que cette règle se généralisa sur tout le territoire, en 1858 à Strasbourg par exemple, et peut-être encore plus tard à Saint-Tropez. 





LES CHANGEMENTS DE NOMS AU XIXe et au XXe.

AVANT 1837

APRES 1837

2016

MOISSAC

PALISSADE MARRON puis PALISSADE SAINT RAPHAEL

QUAI GABRIEL PERI

PALISSADE NEUVE

PALISSADE SUFFREN

QUAI JEAN JAURES

RAPHAEL

RUE DE L’ORMEAU

RUE DE L’ORMEAU

OLIVIER ET MARQUET

RUE DU MARCHE

RUE DU MARCHE

BROQUIER ET SILVAIN

RUE DES QUATRE COINS

RUE DES COMMERCANTS

ALLARD (maison de famille)

RUE SAINT ESPRIT

RUE SAINT ESPRIT

DU MILIEU

RUE DU PUITS

RUE DU PUITS

GUICHARD

RUE DU FOUR

RUE DU FOUR

DERRIERE L’EGLISE

RUE SAINT JEAN

RUE SAINT JEAN

CERTIER

RUE PETIT ST JEAN

RUE DU PETIT ST JEAN

PAUL GUERIN

RUE SAINT PAUL

IMPASSE ST PAUL

HERMIEU THOMAS

RUE SAINT PIERRE

RUE SAINT PIERRE

MILLOT

RUE TOUR VIEILLE

RUE TOUR VIEILLE

HERMIEU THOMAS

SOUS LA GLAYE

RUE SOUS LA GLAYE

GUERIN MAIRE

RUE DE LA PONCHE

RUE DE LA PONCHE

MIRODON FILS

RUE DES PECHEURS

RUE DES PECHEURS

MAISON FOUQUE

FONTANETTE

RUE DE LA FONTANETTE

THOMAS OLIVIER ET ABEILLE

RUE DE LA RAMPE

RUE DE LA RAMPE

MAISON BONNET

RUE SALAISON

RUE DE LA SALAISON

PASCHALIS ET  BOUE VERNI

RUE CAVAILLON

RUE CAVAILLON

LAUDON

RUE BLANCHE

RUE SIBILLE

TOLON LE RICHE

RUE DE L’EGLISE

RUE DE L’EGLISE

SICOLLE

RUE SAINT TROPEZ

RUE SAINT TROPEZ

BOUIS PHARMACIEN

RUE DU CLOCHER

RUE DU CLOCHER

DERRIERE BOUIS

RUE SAINTE BARBE

RUE STE BARBE

PORTAIL NEUF

PORTAIL NEUF

RUE DU PORTAIL NEUF

COUPIN

RUE SAINTE ANNE

RUE SAINTE ANNE

DEVANT VIACARA ET CEVELIER

PLACE DU MURIER

PLACE HENRI PERSON 

TEISSEIRE PIERRE

RUE D’AUMALE

RUE D’AUMALE

MINITOU ET TEISSEIRE

BOULEVARD D’AUMALE

BD D’AUMALE

RAT SERRURIER

RUE DU REMPART

RUE DES REMPARTS

SEITON puis  MOISSAC

RUE DE LA FONTAINE

RUE CLEMENCEAU

OLIVIER TISSERANDS

RUE DES TISSERANDS

RUE DES TISSERANDS

PASCHAT DE SURLE

RUE DE LA TREILLE

RUE DE LA TREILLE

CARMAGIOL

RUE QUATRE VENTS

RUE DES 4 VENTS

A COTE DE M DESIRE RIMBAUD

RUE BERGERE

RUE BERGERE

COULET JUSQU’A GUICHARD

RUE BOUCHONNIERS

RUE DES BOUCHONNIERS

DE LA MISERICORDE

RUE DE LA MISERICORDE

RUE DE LA MISERICORDE

PARODI ET GUERIN MAIRE

RUE DES JARDINS

RUE ETIENNE BERNY

BLAIN ET DAVID

RUE DES CHARRONS

RUE DES CHARRONS

TRAVERSES DE MONSIEUR L’ABBE BROQUIER

RUE GRENOUILLERE

RUE GRENOUILLERE